La proposition de loi Rilhac sur la direction d\’école a été examinée et votée au Sénat mercredi 10 mars. Dans sa version adoptée le 24 juin 2020 à l\’Assemblée nationale, en son article 1 er , figurait la phrase « il [le directeur] n’exerce pas d’autorité hiérarchique sur les enseignants de son école » qui pouvait laisser penser que le directeur restait un collègue vis à vis de ses adjoints.
C’est cela que les sénateurs, en collaboration avec le ministre Blanquer, ont clairement remis en cause. Ils ont d’abord supprimé la phrase en question et ils ont ajouté : « Il dispose d’une autorité fonctionnelle permettant le bon fonctionnement de l’école et la réalisation des missions qui lui sont confiées. »
C’est donc bien une autorité qui serait octroyée aux directeurs sur ses adjoints, et le Dasen définirait les domaines dans lesquels elle s’exercerait.
Ces dispositions correspondent parfaitement aux conclusions du Grenelle organisé par Blanquer. Celles-ci préconisaient de donner aux directeurs « un véritable statut leur conférant autorité décisionnelle et fonctionnelle » et proposaient « que le directeur ait la possibilité de valoriser par une évaluation positive » les professeurs des écoles sous forme d\’un « double regard de l\’inspecteur et du directeur » pour l\’évaluation dans le PPCR.
La volonté est bien de placer le directeur comme supérieur hiérarchique des enseignants et de bouleverser le fonctionnement des écoles.
Le directeur doit rester un collègue et ne pas devenir un supérieur hiérarchique !
Ni \ »emploi fonctionnel\ », ni \ »délégation de compétence\ », ni \ »autorité fonctionnelle\ » !
Retrait pur et simple de la loi Rilhac qui doit être examinée à l’Assemblée nationale en 2ème lecture !
———————–
Nous, enseignants de l\’école élémentaire de Saint Gervais d’Auvergne, nous prononçons pour le retrait pur et simple de la loi Rilhac, et demandons à la CGT’Education, à Sud Education, au Snudi-FO et plus particulièrement au secrétariat général du SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire de reprendre à son compte cette position et d’engager, dans les plus brefs délais et dans l’unité, la mobilisation pour obtenir gain de cause.
Adopté à l’unanimité le 12 mars 2021
