La FSU doit se prononcer : Non au paiement de la dette Manifestation à l’Assemblée Nationale , lors du vote du budget, contre ce budget.
Intervention du courant Front Unique au BDFN de la FSU, le 5 octobre
Le 28 septembre, le gouvernement Sarkozy-Fillon a adopté en conseil des ministres un projet de budget qui est une véritable déclaration de guerre contre les travailleurs. Au nom de la « réduction de la dette publique »: pour la première fois depuis 1945, les dépenses budgétaires diminuent en valeur absolue.
D’un côté: 48 milliards d’euros, plus de 13% des dépenses sont affectés aux intérêts de la « dette », dont on sait que l’explosion ces dernières années est due avant tout aux « plans de relance » en faveur des banques. Encore s’agit-il de la face émergée d’un iceberg qui inclut des dizaines de milliards de cadeaux fiscaux et d’exonérations de charges accordés au patronat – cadeaux qui sont prorogés par ce budget, sous couvert de mini-taxes dérisoires.
De l’autre côté: hausse des prélèvements et déremboursements à la Sécurité Sociale, poursuite de l’asphyxie budgétaire des collectivités locales – avec toutes les attaques que cela préfigure contre les travailleurs – plus de 30000 suppressions de postes, etc. Fait sans précédent, l’enveloppe salariale de la Fonction Publique diminue.
Derrière le discours sur la « réduction de la dette », il y a un choix politique: celui de faire payer la crise, le maintien artificiel des taux de profit, les guerres néo-coloniales de Sarkozy aux travailleurs et à leurs familles.
Accepter le paiement de la « dette », accepter ce budget, c’est abdiquer par avance toutes les revendications syndicales. C’est accepter par avance toutes les contre-réformes qui découlent presque mécaniquement de ce budget.
Or, c’est précisément sur ce terrain-là que se situent les journées d’action du 27/9 et du 11/10. Bernadette Groison s’est félicitée aujourd’hui du « succès » de la grève du 27 et de sa « visibilité » dans les médias. Pourtant, ce qui a été « visible », c’est le fait que la FSU ait accepté de défiler main dans la main avec les « syndicats » de l’enseignement privé! Les « revendications » de ces syndicats sont par définition hostiles à celles des enseignants du public: la FSU devrait, au contraire, dénoncer tout financement par l’Etat de l’enseignement privé! Le 28, le gouvernement a ainsi pu présenter son budget sans crainte – d’autant plus qu’au même moment, la FSU organisait un colloque et s’entretenait avec Grosperrin, représentant de l’UMP. Quant au 11 octobre, journée en trompe-l’oeil sans appel national à la grève, elle se situe sur le terrain défini par l’intersyndicale du 18 août: celui d’un autre remboursement de la « dette publique » et de l’interpellation des « élus »! A une semaine de l’ouverture du débat budgétaire à l’assemblée, ce dispositif ne conduit qu’à une chose: laisser passer le budget sans accroc.
Pour ceux qui cherchent à s’engager sur le terrain d’une véritable grève, avec de vraies revendications, c’est d’ailleurs la répression qui s’abat: à Mayotte, où une grève générale se développe, les cortèges syndicaux ont été dispersés à coups de gaz lacrymogènes. Les blindés ont été déployés à Mamoudzou. Une répression qui dans ce contexte prend un caractère néo-colonial!
Alors, la responsabilité de la FSU devrait être de se situer sur un terrain de combat contre le gouvernement. Pour commencer, ce devrait être de s’opposer au paiement de la « dette », exigence sans laquelle il n’est même pas possible de défendre les revendications. Au diable la dette! Les travailleurs ne sont pas responsables de la crise, ils n’ont rien à payer, ils ne doivent pas payer. La FSU doit se prononcer: non aux attaques contre la Sécurité Sociale, aucune suppression de postes, défense des statuts, etc. Et dans ce sens, proposer à la CGT, à FO de préparer une manifestation unitaire de tous les travailleurs à l’Assemblée Nationale, lors du vote du budget, contre ce budget.
S’agissant de Mayotte, la responsabilité de la FSU devrait être en outre de condamner la répression néo-coloniale organisée par Sarkozy et son gouvernement, de réaffirmer le droit élémentaire de faire grève et de manifester pour les revendications.
Version .pdf (prêt à imprimer) – lettre de liaison N°187
