N°338
27 Mars 2023
LETTRE DE LIAISON
des militants combattant pour le Front Unique
des syndicats de l'enseignement public ISSN1245-0286
Dirigeants syndicaux, aucune discussion avec le gouvernement
sans le retrait pur et simple de la contre-réforme des retraites!
Intervention du courant Front Unique au Bureau National de la FSU, le 27 mars 2023
En recourant au 49.3, Borne a démontréque la contre-réforme des retraites, rejetée par l’immense majorité
des travailleurs et des jeunes, ne disposait pas de majorité à l’Assemblée.
Les manifestations massives du 23 mars, nourries par un afflux d’étudiants et de jeunes travailleurs, ont
exprimé partout avec vigueur, le rejet du gouvernement, de son 49.3 et celui de Macron lui-même.
Pris en tenaille entre une crise politique au sein des partis de la bourgeoisie et la persistance des
mobilisations, Macron se retrouve en difficulté et son gouvernement en sursis.
Les dirigeants de l’intersyndicale ont toutes les cartes en mains pour pousser l’avantage et répondre à
l’aspiration exprimée par la manifestation semi-spontanée de la place de la Concorde, le 16 mars. Pour cela,
ils devraient appeler, enfin, à une manifestation massive à Paris, au siège du pouvoir, pour le retrait
pur et simple de la contre-réforme des retraites.
Mais dans son communiqué du 23 mars, l’Intersyndicale, outre la convocation d’une énième «journée
d’actions» le 28, met le sort de la mobilisation entre les mains du Conseil Constitutionnel, comme le
souhaite Macron. Or ce Conseil constitutionnel est le garant de la constitution anti-démocratique de la Vème
république avec son 49.3 rejeté avec éclat par les travailleurs et les jeunes.
Et il faudrait s’en remettre à cette instance et à cette constitution plutôt qu’aux moyens de la lutte des
classes!
Et comment admettre le total mutisme de l’Intersyndicale le 23 mars à propos des violences policières. Et ce
alors que le gouvernement recourt à la répression généralisée contre les manifestants.
Un militant de SUD Rail éborgné, un pouce arraché pour une collègue AESH, des centaines de travailleurs et
jeunes molestés, la multiplication des arrestations arbitraires et des gardes à vue, des dizaines de manifestants
déférés devant les tribunaux, la liberté de manifester piétinée notamment à Paris, des entraves aux
mobilisations étudiantes avec des fermetures administratives de facs, les cours en distanciel et des
interventions policières sur les campus.
Et ce samedi 25 dans les Deux-Sèvres, flics et gendarmes se sont déchaînés contre les manifestants en en
blessant 200 dont un entre la vie et la mort.
Tout cela impose aux dirigeants syndicaux de condamner vigoureusement et solennellement cette
répression, d’exiger le respect du droit de manifester et la levée de toutes les poursuites.
Enfin, parce qu’il est en difficulté, Macron cherche un point d’appui du côté des directions syndicales. Il leur
a fait savoir sa disponibilité et celle du gouvernement pour reprendre le «dialogue» sur tous les sujets… à
l’exception de la contre-réforme des retraites!
Berger de la CFDT a fait savoir sur BFM qu’il y était disposé… après un «délai de décence», façon de dire
qu’il faut d’abord enterrer la mobilisation. Et la potentielle future secrétaire générale de la CGT, Marie
Buisson, est allée dans le même sens sur France Info. Au lieu de l’exigence de retrait, Berger propose une
pause ou une suspension et notre secrétaire général vient d’avancer une proposition de moratoire.
Alors que, depuis plus de deux mois, les travailleurs et la jeunesse se mobilisent pour le retrait de la
contre-réforme des retraites, alors que la répression atteint son paroxysme, accepter de discuter avec le
gouvernement constituerait un acte de trahison pur et simple.
La responsabilité du BDFN de la FSU est claire: c’est d’affirmer que le préalable à toute discussion
avec le gouvernement, c’est le retrait pur et simple de la contre-réforme des retraites.Et les
représentants de la FSU doivent porter ce mandat au sein de l’intersyndicale.
Tout autre positionnement fournirait à Macron un soutien précieux, voire décisif.
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